Un pays malade

 

Ce que le jugement contre Marine Le Pen ne dit pas.

Des heures que le jugement est prononcé :
4 ans d’emprisonnement, dont 2 ferme sous forme de bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité de 5 ans.
Dans les médias, un seul sujet, qui occulte tous le reste : la peine d’inéligibilité.
Rien d’autre.
Sur les plateaux, dans les micros-trottoirs, une forme d’amnésie, d’hémiplégie, qui consiste à oublier totalement le détournement de fonds publics, en « bande organisée » puisqu’ils sont presque une dizaine à être condamnés au RN.

On ne questionne plus l’aspect moral ou l’aspect légal mais uniquement le volet électoral, comme si il était acquis qu’une forme de hiérarchie des valeurs place le suffrage universel au-dessus de la loi.
Si la Constitution établit une hiérarchie des normes, la loi (dite Sapin2) est très claire, elle prévoit « une inéligibilité automatique pour tout élu reconnu coupable de détournements de fonds », le tout visant à « garantir l’intégrité des mandats électifs et à protéger les institutions démocratiques ». CQFD.

Mais je le pense, l’essentiel est ailleurs.
Que Marine Le Pen soit condamnée est une chose, mais il y a le traitement médiatique et les réactions des citoyens. Lorsque je balaye les plateaux des chaînes info, je vois que chacun d’eux à son « référent » Valeurs Actuelles, comme si l’espace médiatique ne pouvait plus se faire sans un membre de ce magazine d’extrême-droite, lui-même condamné pour « injure raciste ».
Si l’on fait le compte de tous les intervenants venant de médias ouvertement d’extrême-droite, leur surreprésentation pose question et de fait, la petite musique qui se répand aujourd’hui ne vise qu’à déporter la culpabilité de Marine Le Pen et du RN vers celle d’un « gouvernement des juges » ou je ne sais quelle diversion minable, oubliant les faits, les preuves.
Cette armée d’avocats zélés est secondée par une partie de la classe politique qui ose blâmer la justice, pleurer sur une démocratie qui en serait abîmée… Laurent Wauquiez affirmant : « Il n’est pas sain pour une démocratie qu’une élue soit interdite de se présenter à une élection ».
Mais enfin, dans quel monde sommes-nous ?
C’est tout l’inverse qu’il faudrait dire parce que ce qui « n’est pas sain pour une démocratie » c’est justement qu’une aspirante à la plus haute fonction de l’État soit condamnée pour détournement de fonds !!!

Comment s’étonner ensuite que la France soit à un rang si médiocre dans le classement international de la corruption ? Seulement 25ème avec 67 points quand le Danemark domine avec 90 points ??

LinkedIn est un réseau professionnel mais si nous ne nous préoccupons pas de l’intégrité, d’une obligation de transparence et d’exemplarité de la vie publique… comment attendre que notre pays prospère dignement, que la confiance règne dans le monde de l’entreprise, que notre société soit apaisée et que nos valeurs affichées soient en phase avec nos actes et nos choix ?

Philippe Dussault

(Post LinkedIn du 1er avril 2025)